La société civile du Nord-Kivu exprime sa profonde préoccupation face à la détention de M. SERUGENDO Emmanuel, membre des Wazalendo CMC et agent au Gouvernorat du Nord-Kivu, qui serait détenu depuis près d’un mois dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR) à Beni.
Selon les informations recueillies auprès de la société civile, M. SERUGENDO Emmanuel aurait été interpellé après la visite à son domicile d’un jeune homme présenté comme le fils de sa sœur, originaire du territoire de Masisi. Les services de renseignement auraient soupçonné ce dernier d’entretenir des liens avec la rébellion du M23, active depuis plusieurs années dans cette partie de la province. Le neveu de M. SERUGENDO aurait également été arrêté et conduit dans les installations de l’ANR.
Cette affaire suscite de nombreuses interrogations au sein de la société civile, qui s’inquiète des circonstances de cette interpellation ainsi que de la durée de la détention des deux hommes. Les organisations citoyennes appellent au respect des droits fondamentaux et à la transparence dans le traitement de ce dossier, estimant que toute personne arrêtée doit bénéficier des garanties prévues par la loi.
Communiqué de la Coordination de la société civile
La Coordination de la société civile a rendu public un communiqué dans lequel elle exprime sa « profonde indignation » face à cette situation. Elle affirme que M. SERUGENDO Emmanuel aurait été assimilé à un collaborateur de la rébellion en raison de ses origines hutu de Masisi et de son apparence physique. Si ces informations étaient confirmées, la société civile estime qu’il s’agirait d’une grave atteinte aux principes de l’État de droit, marquée par des pratiques discriminatoires et des arrestations arbitraires.
Le communiqué rappelle que la lutte contre l’insécurité ne peut justifier des violations des droits humains ni des stigmatisations fondées sur l’origine ethnique. Il souligne également que tout citoyen a droit à une procédure régulière, à être informé des motifs de son arrestation et à bénéficier des voies de recours prévues par la législation congolaise.
Face à cette situation, la Coordination de la société civile appelle les autorités nationales, notamment les instances compétentes à Kinshasa, à diligenter une enquête afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Elle demande que les droits de M. SERUGENDO Emmanuel et de toute autre personne concernée soient pleinement respectés.
L’organisation invite également le Président de la République, les institutions de la République ainsi que les services de sécurité à intervenir avec responsabilité afin que justice soit rendue et que cessent les abus susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale.
Enfin, la société civile réaffirme son engagement en faveur de l’unité nationale, du rejet de toute forme de discrimination et de la protection des citoyens engagés dans la défense de la République démocratique du Congo. Elle appelle à la préservation de la paix dans les territoires de Beni, Masisi, Bushi et dans l’ensemble du Nord-Kivu.
Le communiqué est daté du 12 juillet 2026 et signé par la Coordination de la société civile.
William Tshisekedi Rédacteur MAG-INFO.CH